Vous ne partez pas sur les traces du chat qui fume mais tout simplement sur celles d’une variété du Persan dont la richesse des coloris explique l’intense dévotion des amateurs et son retour mérité sur le devant de la scène féline.
Le Persan a beau être une star de la planète féline, N°1 en France et N°1 aux USA, il n’en demeure pas moins particulièrement riche en variétés méconnues. Le Persan se distingue en effet par la diversité étonnante de ses coloris de robe qui sont aujourd’hui intégrés dans des divisions ou classes spécifiques en exposition.

Une vedette peut en cacher une autre
Il fait la joie des agences de pub et le bonheur de centaines de milliers de foyers à travers le monde… pourtant, derrière sa somptueuse beauté, il continue de garder ses mystères. Vous avez craqué sur le Persan Chinchilla, vous connaissez le standard du Persan sur le bout des doigts et avez même osé découvrir les particularités du Persan Smoke… mais, en définitive, ce dernier, le connaissez-vous vraiment ? Pour la CFA, la plus importante organisation féline dans le monde, le Smoke mérite ce regain d’intérêt : « Chez le Persan, le motif « smoke » est certainement un des plus frappants. Il existe 6 coloris différents : le noir, le bleu, le crème, le caméo « rouge », l’écaille de tortue smoke – smoke tortoishell –et le smoke bleu-crème. Quand le chat est immobile, sa robe semble être unie. Mais quand il est en mouvement, la robe s’ouvre, laissant apercevoir un fascinant sous-poil blanc. Tous les chats smoke doivent posséder une collerette et des toupets d’oreilles blancs, caractéristiques de leur variété. L’équilibre parfait entre le poil et le sous-poil est transitoire, et l’équilibre parfait des couleurs ne dure que 6 à 8 semaines par an. Leurs yeux cuivrés ressemblent à des braises ardentes dans un lit de cendres. »

Le retour du Smoke
L’un des premiers auteurs à avoir décrit les particularités du Persan Smoke est Donald Martin. En 1963, il publiait un article intitulé « Breeding Smoke Persians » et s’intéressait notamment aux particularités de leur robe. Pour lui, « A l’origine, le coloris smoke était le résultat du croisement d’un tabby chez lequel le gêne de mutation, au lieu de produire des marques noires à l’extrémité du poil blanc et argenté, a en réalité donné un coloris noir à l’extrémité des poils blancs ».
La diversité des coloris aujourd’hui ne doit pas faire oublier que le Smoke est avant tout un Persan. Son phénotype doit répondre aux exigences du standard, que ce soit le type en tête et l’expression, le port et la forme des oreilles, la construction générale (corps, aplombs, ossature..) et la robe (poil et sous-poil). Les éleveurs reconnaissent qu’il faut beaucoup de patience et d’abnégation pour obtenir une robe caractéristique. Lorsque le chaton naît, il peut ne pas présenter pendant des semaines les coloris requis… Seules la patience de l’éleveur, la qualité des géniteurs et de leurs ascendants, permettront d’obtenir finalement le Smoke dont il rêvait. De plus, ce chat nécessite des soins réguliers, surtout lorsqu’il s’agit d’un sujet d’exposition. Pour être au top de sa condition, sa robe nécessite plus d’attention que pour une variété plus « classique » de Persan.

L’un des coloris d’origine du Persan
Selon la spécialiste américaine Pat Lichtenberg, l’une des rares historiennes du Persan Smoke, le « black smoke » peut être considéré comme l’un des coloris d’origine du Persan. Ce qui signifie que le Smoke existe depuis plusieurs siècles, car le Persan, venu d’Iran, avant d’être magnifié et promotionné par les Britanniques, demeure l’une des races félines les plus anciennes. Le Blue Smoke est arrivé ultérieurement, tout comme les autres robes reconnues aujourd’hui. A cette époque, le Smoke était jugé dans une classe appelée AOC (Any Other Color). Ultérieurement, il intègrera la division Smoke and Shaded Persans, aux côtés des autres classes, Bi color, Tabby, Solid, etc. Ces dernières années, des spécialistes du Persan se sont rendu compte que le Smoke n’avait rien à envier à ses cousins. « Comme de plus en plus d’éleveurs se sont intéressés à lui, le type s’est réellement amélioré et aujourd’hui, le Smoke peut entrer en compétition avec n’importe quel autre Persan », précise Pat Lichtenberg.

N’est pas Smoke qui veut !
Pendant des décennies, le Smoke est tombé dans l’oubli. Que ce soit au Royaume-Uni, aux USA ou sur le continent, très peu d’éleveurs lui prêtaient attention. Après la Libération, le Smoke était proche de l’extinction. Ce n’est qu’à la fin des années soixante, et ce, pendant les vingt années qui suivirent, que le Smoke allait relever la tête grâce à des éleveurs totalement impliqués et capables de montrer qu’il pouvait faire des éclats dans les rings et séduire à nouveau les amateurs de chats Persans. Aujourd’hui, le Smoke a conquis de nombreux passionnés dont certains ne voient plus qu’à travers lui lorsqu’ils évoquent le Persan !
Des éleveurs se sont spécialisés exclusivement dans ce Persan aux robes uniques mais difficiles à fixer. Sur Internet, un web ring regroupant des dizaines d’éleveurs à travers le monde vous permet de découvrir toutes les richesses de ce chat. Faites un tour en cliquant http://www.smokepersians.com/. En Suède, France, Royaume-Uni, Russie, USA, Belgique, Australie, et dans de nombreux autres pays, les amateurs sont de plus en plus nombreux et s’impliquent réellement pour faire en sorte que le Smoke retrouve la gloire d’antan. De quoi se rassurer sur la pérennité de ce chat, à découvrir pour la majorité d’entre-vous où à redécouvrir pour ceux qui semblaient l’ignorer…

Sur les traces du Persan Smoke

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